Parkinsonisme avec tremblement au cours du syndrome post-polio : description clinique d’une cohorte monocentrique
Contenu principal de l'article
Résumé
Introduction:
Le syndrome post-polio (SPP) est caractérisé par l’apparition tardive de nouveaux symptômes neuromusculaires chez des patients ayant présenté une poliomyélite paralytique ancienne. Au-delà de l’atteinte périphérique du motoneurone, des données récentes suggèrent une implication centrale modérée, susceptible d’exposer certains patients à des manifestations extrapyramidales. L’association entre SPP et maladie de Parkinson (MP) demeure toutefois peu documentée.
Objectif:
Décrire la prévalence et les caractéristiques cliniques d’un parkinsonisme avec tremblement chez des patients atteints de SPP, et discuter les mécanismes physiopathologiques potentiels reliant ces deux entités.
Méthodes:
Il s’agissait d’une étude observationnelle transversale monocentrique incluant 70 patients adultes suivis pour un SPP. Le diagnostic de SPP reposait sur les critères cliniques classiques. La présence d’une maladie de Parkinson associée était définie selon les critères cliniques internationaux. Les données cliniques, démographiques et neurologiques ont été recueillies de manière systématique. Lorsque possible, l’évaluation motrice reposait sur l’UPDRS partie III et le stade de Hoehn et Yahr. La prévalence de la MP chez les patients SPP a été estimée avec un intervalle de confiance exact à 95 %. Les comparaisons entre patients SPP avec et sans Parkinson ont été réalisées à l’aide de tests adaptés aux petits effectifs.
Résultats:
Cinq patients sur 70 présentaient une maladie de Parkinson associée, correspondant à une prévalence de 7,1 % (IC 95 % : 2,4–15,9). Le sous-groupe comprenait majoritairement des femmes (80 %), avec un âge moyen de 58,6 ± 4,4 ans. Le syndrome post-polio précédait systématiquement le diagnostic de la maladie de Parkinson, avec un intervalle moyen de 6,4 ± 2,1 ans. Tous les patients présentaient un tremblement de repos, tandis qu’une bradykinésie ou une akinésie était observée chez deux patients. Aucun cas de rigidité extrapyramidale ni de spasticité n’a été objectivé. Les scores UPDRS-III et les stades de Hoehn et Yahr étaient compatibles avec une maladie de Parkinson à un stade précoce à modéré. Une réponse clinique favorable au traitement dopaminergique était rapportée chez l’ensemble des patients.
Conclusion:
Cette étude met en évidence une prévalence apparemment élevée de maladie de Parkinson chez les patients atteints de syndrome post-polio par rapport à la population générale, suggérant l’existence d’un terrain neurologique vulnérable. Le profil clinique, dominé par le tremblement et l’absence de rigidité, souligne la difficulté diagnostique dans cette population. Ces résultats plaident pour une vigilance accrue face à l’apparition de symptômes extrapyramidaux chez les patients SPP et justifient la réalisation d’études multicentriques longitudinales afin de mieux comprendre les liens physiopathologiques entre syndrome post-polio, vieillissement neuronal et neurodégénérescence.
Mots-clés:
Syndrome post-polio ; Maladie de Parkinson ; Parkinsonisme ; Tremblement ; UPDRS ; Vieillissement neurologique