Apport de la toxine botulinique dans le traitement de la spasticité du membre supérieur chez l’hémiplégique vasculaire : quels objectifs ? notre expérience à propos de 51 patients.
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Résumé
Introduction
La toxine botulinique constitue une avancée majeure dans la prise en charge de la spasticité du membre supérieur chez l’hémiplégique vasculaire par les injections de toxine botulinique. Les objectifs de notre étude sont d’évaluer l’efficacité de cette thérapeutique selon l’atteinte des objectifs GAS et d’établir la part de la spasticité dans l’inconfort et/ou dans la gêne fonctionnelle.
Méthodes
Nous avons mené une étude longitudinale prospective réalisée au service de Médecine Physique et de Réadaptation de l’EHS de Ben-Aknoun. 51 patients hémiplégiques vasculaires présentant une spasticité gênante au membre supérieur ont participé à cette étude. Ils ont bénéficié d’un cycle d’injection de toxine botulinique, et ils ont été soumis à des évaluations à 1 mois et à 3 mois après le geste thérapeutique. Celles-ci ont porté sur le tonus musculaire, les amplitudes articulaires, la fonction globale (MIF et Index de Barthel), la fonction spécifique selon la FAT (Frenchay Arm Test), et sur l’atteinte des objectifs GAS.
Résultats
A 1 mois et à 3 mois après l’injection de toxine botulinique, nous avons obtenu une réduction significative du tonus musculaire. Une amélioration significative de la MIF a été observée alors que nous n’avons pas observé de différence significative de l’index de Barthel. Concernant l’évaluation par l’échelle fonctionnelle spécifique FAT, seulement un gain d’une cotation a été obtenu chez 2 patients à 1 mois, et chez 4 patients à 3 mois.
1 mois après le geste thérapeutique, les objectifs GAS globaux ont été atteints dans 82,7%. Les objectifs GAS primaires ont été atteints chez 75,6 % de la population.
Les objectifs GAS atteints étaient essentiellement en relation avec la fonction passive et la réduction des déficiences telles que l’amélioration de l’extension des amplitudes articulaires et la réduction de la douleur. La fonction active avait concerné une minorité de nos patients.
Discussion-conclusion
L’injection de toxine botulinique a réduit significativement le tonus musculaire chez nos patients. Cependant, le déficit musculaire joue un rôle majeur dans les limitations d’activité. L’outil GAS présente l’intérêt d’être sensible au changement, après l’intervention par la toxine botulinique. Il permet d’atteindre des objectifs réalistes personnalisés, centrés sur les besoins des patients et/ou des aidants.